Cinq ans déjà que t’es partie…

Il y a cinq ans, en cette nuit, à jamais tu t’es endormie. Pour fuir, cesser de souffrir, mourir.

J’ose le dire, l’horreur de ton geste nous a marquée à jamais. 

Je t’ai trouvée égoïste de nous abandonner ainsi.

J’ai tôt fait de ne pas t’en vouloir. J’ai préféré chercher à comprendre.

J’ai ensuite travaillé à prévenir la répétition des souffrances qui t’ont affaiblie à petit feu jusqu’à ton dernier souffle.

Je me suis battu. Pour toi, pour moi, pour te garder en vie en moi, pour me garder en vie.

Mais j’ai aujourd’hui, hélas perdu tout espoir de gagner les batailles entreprises après ton départ. J’ai laissé une dernière bouteille à la mer des miracles, mais n’attends plus rien. J’ai perdu totalement mes illusions de justice, perdu aussi confiance aux systèmes de santé et d’éducation, et aimerais bien pouvoir croire encore aux engagements des politiciens… 

J’ai beaucoup écrit après ta mort, à commencer par les bons moments qu’on a passés ensemble, pour ne pas les oublier, j’ai aussi décrit ce qu’on t’a fait subir pour dénoncer et j’ai partagé mes émotions pour chercher le réconfort, pour crier ma douleur et exorciser ma souffrance. J’en ai moins envie ces temps-ci… Comme un vide dans mes idées, mes souvenirs, mes envies… Un osti de gros vide sale que j’arrive pas à combler…

Les cinq dernières années ont pesées fort sur ma santé, tu sais. Je prends les jours un à la fois, parfois même une heure à la fois. Il m’arrive encore d’être incapable de sortir de la maison certains jours…maudite anxiété. Les nuits sans cauchemars sont rares comme mes rêves. Pis même éveillé, j’ai cessé de rêver. Sauf une fois peut-être au chalet…comme on dit.

Mais je survis. Parce qu’il y a mes amis, ton parrain mon frère, ma sœur ma confidente, ton bébé Choupette que j’ai promis de m’occuper, et depuis un an maintenant, suite au départ douloureux de Gilbert, je peux compter sur l’affection incommensurable d’Albert. Un matou comme il en arrive qu’un dans la vie. J’aurais tant aimé que tu le connaisses…quoique je me permets parfois de croire que tu as peut-être un petit quelque chose à voir avec son arrivée ici…parce que comme disaient les aïeuls, on dirait qu’il est tombé du ciel! J’ai aussi écrit sur Twitter que j’aurais pu l’appeler bonheur! Ça te donnes une idée de ce qu’il m’apporte!

Tu te rappelles quand t’aimais lire mes « obstinages » sur Facebook dans le temps? J’ai recommencé depuis la fin de l’été à commenter sur un peu tout, mais sur Twitter asteur. Ça me permet de socialiser avec les gens, d’être moins isolé. J’ai pas mal abandonné Facebook, trop de choses m’ont blessé dans les derniers mois. Comme si j’y avais senti un écœurement de mon deuil, de ma douleur, de ma peine. J’ai donc choisi de me divertir ailleurs.

Y a encore des dates qui sont difficiles à passer, comme le jour de ta fête, celui de tes funérailles, Noël, l’Halloween que tu aimais tant,

Et aujourd’hui.

Mais tu sais quoi, ma victoire c’est d’être encore là après cinq ans, de continuer à parler de toi. Je peux bâtir sur cette première brique. Et je sais maintenant que c’est en moi que je trouverai la paix, nulle part ailleurs. Une chanson m’a beaucoup aidée dernièrement à le réaliser:

La vie mets parfois des signes sur notre chemin…

Je t’aime

Tu me manques encore.

Papa



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Je suis Albert

Je suis Albert

Je suis un roux. Mais j’ai la chance d’être d’une espèce qui valorise les roux. Je dirais même que les roux sont au sommet de l’échelle de la hiérarchie féline. J’ai abouti dans la maison de mon humain à l’âge de deux mois. Mon humain, même si nous sommes d’espèces différentes, veut que je l’appelle papa.

Malgré que je sois tombé sur un humain adulte, il aime bien jouer avec moi. Je l’ai habitué à jouer dès que j’en manifeste le désir. Chaque matin, pour l’occuper pendant son café, je lui apporte ma souris pour qu’il la lance. Il a bien développé ses tirs avec le temps, variant la force, l’endroit et la distance. Je lui indique parfois avec ma patte de me la lancer tout juste au dessus de ma tête: je la frappe alors pour la retourner en sa direction. Et quand je veux le faire courir, je lui apporte mon lacet qu’il me fait suivre pour faire du parcours dans la maison. Et quand je le sens fatigué -il est quand même cinquantenaire- je m’amuse alors avec mon tunnel, ou avec Choupette!

Et, chose importante pour un chat, nous avons droit à une très grande litière avec un A- comme note à notre humain pour l’entretient, ce qui est très bien! Et pour le remercier, je le gratifie d’une visite dans la litière chaque fois qu’il est en train de la vidanger. C’est ma manière à moi de lui dire qu’il peut ramasser tout de suite et m’évite d’avoir à enterrer!

J’ai besoin de beaucoup d’attention, de toute l’attention. J’aime pas partager mon humain, eeeeee, papa, avec Choupette. Mais j’aime Choupette. Je lui démontre souvent mais il paraît que mon amour est trop féroce. Je lui fait des gros câlins, les bras autour d’elle, et je la « bécote » dans les cou…elle en grogne de plaisir je vous dit!

Mais j’aime son ronron. Je la laisse endormir papa le soir à sa tête avec son chant apaisant. Apaisant pour moi aussi, je m’installe sur les couvertures, dans un creux, collé sur une jambe de papa. Je reste avec lui jusqu’au matin. Je le réveille quand j’ai faim, c’est moi qui décide! J’ai juste à m’avancer à côté de sa face, et là, je lui tapoche les joues de ma patte. Je n’ai alors qu’à faire ma petite face cute quand il ouvre les yeux pour avoir un sourire, et ma bouffe ensuite.

Je dois parfois persévérer plusieurs fois et combattre le replis sous les couvertures de papa par un mordillement du premier morceau de peau que je trouve sous les couvertures, souvent un orteil! ( À propos, j’ignore si c’est le fait d’être devenu un « mangeux d’orteils » -dénomination ancienne des habitants de Saint-Joseph-de-Sorel- mais je fais un peu une fixation sur les orteils, même ceux des visiteurs 😉.

Parce que j’aime la visite. J’ai fini par apprendre à connaitre les habitudes de certains qui viennent me visiter, d’aller jusqu’à les attendre dans la fenêtre de la cuisine pour les voir arriver. Je les ai habitués aussi à me saluer le premier à leur arrivée. Ça vaut même pour ceux qui se disent allergiques.

Bref, je suis un p’tit roux plein de charme, pour qui la vie a sourie! J’ai un bon humain, avec qui la complicité fut instantanée, comme si on s’était toujours connus. Je l’aime beaucoup. Si un jour je réussis à me glisser dehors, je cours lui attraper l’écureuil en cadeau! Je vous jure qu’y arrêterait de venir se gratter les puces dans le moustiquaire le p’tit baveux!

Je vous laisse, papa vient de mettre un documentaire sur les chats sur la télé. Je m’en vais regarder ça, il l’a mis pour moi après tout. Ça fait changement du hockey, que j’aime aussi, surtout la rondelle.

Je suis Albert

Vous avez aimé?

Vous voulez que je vous écrive encore sur ma vie de chat de maison hyper gentil?

Moi, aujourd’hui 

Il n’y a pas qu’une vie qui s’est écroulée le 18 mars 2014. Ce sont toutes celles des proches de Kim qui furent bouleversées. Celle que j’avais avant cette date aussi n’existe plus. Ce matin là, je conduisais un taxi. Un métier « en attendant », un entre-deux pour mettre du beurre sur le pain. Je m’y plaisais, car j’avais toujours aimé conduire depuis mes tout débuts à seize ans. J’occupais aussi un poste de commissaire à ma commission scolaire. M’étant présenté aussi à deux élections municipales, j’avais alors encore des envies d’implication politique. 

J’ai n’ai pas retravaillé depuis. J’ai conduit que quelques fois après le décès de Kim le véhicule que je possédais alors. Avec ma situation financière qui s’est détériorée, j’ai fini par vendre le véhicule après quelques mois. J’ai cessé de conduire. J’ai même cessé de renouveler mon permis. Ce qui fait qu’aujourd’hui, si je voulais recommencer, je devrais recommencer les examens. Je ne le ferai pas, je ne conduirai plus jamais. Il y a un bout de temps que je m’y suis résigné. Et pour la politique, je me contente et me contenterai désormais de la commenter sur Twitter. 

Le choc post traumatique semble enfin reconnu comme séquelle à long terme par les officines du système gouvernemental depuis peu. Rien n’est encore statué officiellement, mais je n’ai pour l’instant plus l’obligation de fournir des papiers médicaux tous les 90 jours. J’ai enfin pu prendre congé des psychiatres et autres qui ont apporté beaucoup plus de questions que de réponses chez moi. 

Je suis fatigué. Depuis la mort de Kim, je me sens en combat chaque jour. Un jour contre le système de justice, un autre contre le système de santé, un autre contre celui d’éducation, un autre contre les services sociaux. J’ai même gagné une cause devant le conseil de presse du Québec. Je dois aussi combattre l’anxiété et l’angoisse qui viennent aussi par montagnes russes. Et on dirait que le corps aussi donne des signes de fatigue, de vieillissement aussi. J’ai beaucoup blanchi!

Je suis fatigué. Mais il y aura toujours un combat, même si celui-ci connait des pauses. Parce que justice n’a jamais été faite. Parce que rien n’est encore en place pour éviter que d’autres subissent les mêmes blessures. Et tout simplement parce que je vis encore. Et tant qu’il y a de la vie, il reste un espoir. Et qu’il y a encore quelquefois de bons jours, et occasionnellement de très bons.

Mes matins avec Albert

Le matin, je suis lent, très lent. Mon corps et mon esprit prennent beaucoup de temps à se réveiller. J’ai appris à respecter ce rythme et à vivre avec. Heureusement, depuis avril, un petit être exceptionnel et formidable est venu agrémenter mes matins d’une joie de vivre contagieuse.

Voici donc mes matins avec Albert.

Pour me réveiller, il me donne de petits coups sur les joues avec sa patte. Il fait bien attention de ne pas sortir ses griffes lorsqu’il est près de mon visage. Ça fait parti de notre confiance et complicité mutuelle. ( Je le laisse toutefois faire lorsqu’ils les sort pour me brosser la barbe avec!) Et si je ne me réveille pas ou plutôt ne lui parle pas, il me mordille alors les mains.
« Réveille-toi », qu’il me dit à sa manière!
Et là, quand je le regarde, c’est toujours une belle petite face « cute » qui me fixe, les yeux bien ronds, la petite tête penchée sur le côté, une petite patte à moitié levée pour ajouter du cuteness…(Transposez ici le visage attendrissant du chat dans Shrek, si vous avez vu le film, bien sûr)
Je me lève. Je lui parle toujours et il répond. C’est un matou jaseux.

Je dois me rendre très lentement à la cuisine, pour ne pas m’enfarger dans Albert qui se « garoche » devant moi pour se frôler sur mes jambes, en alternance, à chacun de mes pas. Un mélange de jeu et d’excès affectif qui persiste chez-lui malgré mes remontrances.
Ma première tâche est de donner à manger à mes deux chats. Ils ont, en plus de leur ration quotidienne de moulée, leur mini portion de « mou » à saveur de canard. C’est leur gâterie du matin, la saveur de canard étant héritée de leurs deux prédécesseurs, Gilbert et Arielle, qui avaient chacun leur allergie, fruits de mer et poulet. J’ai poursuivi l’habitude avec Choupette et ainsi avec Albert.
Mes chats ont deux bols d’eau. En plus de celui avec leurs bols de nourriture, ils en ont un autre dans le bain. J’en ai pris l’habitude pour leur conserver une source d’eau dans cette pièce tout en tenant le couvercle du bol fermé. Ça me dégoûte voir un chat boire dans une cuvette de toilette. Je remplis celui du bain chaque matin lorsque j’ai à faire dans la pièce, comme tous les matins. C’est le moment que choisissent les chats pour leur première interactions de la journée. J’assiste à un tiraillement de pattes avant genre « Dansons la Capucine »
Albert gagne toujours, et vient ensuite se coucher à mes pieds en attendant que j’ai terminé ma « tâche » matinale.
Le premier café est important le matin. Je m’installe avec dans le salon, et c’est le moment de m’informer. J’ouvre la télé, mon Twitter, et je prends les nouvelles de mon monde. C’est aussi le moment où Albert m’apporte un jouet. C’est souvent sa petite souris. Il me l’apporte et la dépose devant mes mains pour que je la lance. Du salon, je la lance dans ma chambre ou la cuisine. Il la rapporte à chaque coup. Et quand il s’éloigne un peu sur le divan, je m’amuse alors à lui lancer à la bonne hauteur. Il me la relance alors dans les mains en la frappant de ses pattes. Nous pouvons jouer à « se lancer » ainsi quelques minutes!

Rendu à mon deuxième café, Albert est rendu à son toilettage du matin, suivi d’un somme collé à mes côtés. Il me demande quelquefois son jeu « mouses for cats » sur le iPad en y tapant dessus de sa patte pour ensuite s’endormir dessus. Sa « go » est donnée.

Il passera tous les moments, ou presque, de la journée toujours dans la meme pièce que moi. Comme le plus fidèle des compagnons.

Maudit que je l’aime ce chat-là! Je crois même qu’il est ce qui m’est arrivé de mieux depuis longtemps, très longtemps…

La fois où j’ai écrit un roman pour oublier

La fois où j’ai écrit un roman pour oublier

Nous sommes en décembre 2015, j’ai mon blogue depuis six mois à ce moment, et l’écriture est pour moi une évasion pour oublier mon deuil. J’avais commencé à écrire à la mort de Kim, d’abord sur la page en son hommage, puis comme j’ai eu besoin de déborder du sujet de Kim, j’avais ouvert mon blogue.

Au cours d’un week-end entre amis, Je fait part de mon désir d’écrire un conte de Noël à mon grand chum. 

« Tu vas encore nous pondre une histoire cute ou qui parle de Kim? Ce serait l’fun que tu changes de style des fois! »

Loin de prendre cette remarque comme un reproche, j’y ai plutôt vu un défi. Il me restait à trouver l’idée et le style de ce que je voulais écrire.

J’ai cherché et cherché. Une journée comme ça, sans raison particulière, j’ouvre ma table de chevet et retrouve un petit livre dans lequel Kim écrivait pour se défouler pendant l’année de son calvaire. Un petit livre que j’ai et que je garderai pour moi. Un petit livre qui surprend par son style. Un livre qui parle d’école de fous, de politiciens, dans un délire d’événements fantastiques, loufoques et parfois même osés. Le défoulement de Kim venait de me donner le style du conte que je voulais écrire.

J’ai alors commencé mon histoire. Comme j’alimentais alors mon blogue de façon régulière, j’ai décidé alors d’en faire une série à suivre jusqu’à Noël. Plusieurs l’on suivi, et d’autres, choqués par le style et le fait que ce texte paraissait sur le même blogue que les histoires sur Kim m’ont écrit pour me dire que c’était déplacé.

J’ai alors quand même persévéré. Chaque fois que j’entrais dans l’écriture de cette histoire, l’évasion était totale. Je crois même que ce fut alors ma meilleure thérapie pour être malgré tout dans l’atmosphère du temps des fêtes dans la pire période de ma vie. Le projet a continué jusqu’à la Saint-Valentin suivante.

Dans les mois suivants, encore trop fragile et captivé par mes démarches pour Kim, j’ai alors décidé de supprimer toutes les traces de cette fiction osée de Noël. Je me disais qu’un jour peut-être, je publierais de nouveau ce conte, mais sous forme de roman.

J’ai pensé l’envoyer à des éditeurs, mais tout semblait trop compliqué pour moi. Et Je n’y repensais que le temps des fêtes approchant, alors trop tard pour le sortir aux fêtes…comme cette année.

Je me suis dit que je pourrais le publier quand même sous forme de roman, mais disponible sur internet. C’était la solution facile pour moi. J’ai donc monté un site internet juste pour le roman, et retravaillé celui-ci pour l’adapter légèrement à 2018. Le resultat est une histoire déglinguée d’une soixantaine de pages, mais dont le contenu peut choquer certains puritains. Voilà.
Voilà l’histoire du roman que j’ai écrit pour oublier.

Et voici le roman que j’ai écrit pour oublier. 

(Avis: 18 ans et plus, et pas pour tous)


Au Royaume du Gros Noël, un anti-conte de Noël avec sexualité poétiquement explicite.

http://www.auroyaumedugrosnoel.wordpress.com


Les couleurs de mon été

Les couleurs de mon été

J’ai le syndrome de la page blanche ces temps-ci. J’ai aussi des blancs de mémoires quelquefois, qui me font m’arrêter, et me dire « Qu’étais-je venu chercher dans la cuisine? » Black-out! Au moins, dernièrement, j’ai cessé de broyer du noir, je vois rouge de moins en moins souvent. La vie m’en a quand même fait voir de toutes les couleurs depuis quelques années.

Parfois, j’ai encore les bleus. La musique est un bon échappatoire dans ces moments. Il y a encore des zones grises dans ma vie, des incertitudes, des craintes. Mais il y a aussi des joies. 

Il y a mon petit roux, Albert mon matou qui est venu apporter du soleil dans la maison depuis quatre mois, me sortant de la noirceur. Il y a aussi les amis et la famille qui m’offre une vie plus colorée de joies.

Ce été, j’ai découvert les Cantons-de-l’Est avec mon frère. C’est souvent noir de monde dans les villages que nous visitons, c’est très touristique. Et j’ai découvert un endroit aux superbes paysages et magnifiques architectures.

Il y a aussi mon jardinage qui me fait du bien. Prendre l’air donne des couleurs et de voir la nature s’exprimer de ses plus belles teintes m’inspire. Cet été, comme un hommage à Kim, j’ai privilégié les teintes de mauves et le blanc dans mon aménagement du devant. Le mauve était sa couleur, j’ai semé cette année de la mauve, belle sorte de vivace haute très florissante.

Cette semaine, je suis un peu stressé par un examen médical que je dois subir ce jeudi, une côlonoscopie. Pour ceux qui ignorent c’est quoi, c’est se faire entrer une caméra dans le brun. Par chance, grâce aux bons soins du docteur et ses piqûres, je devrais voir la vie en rose pendant l’examen et n’en garder aucun souvenir.

Bon, c’était les couleurs de mon été à date. À plus!  

Si vous avez envie d’un peu de mes nouvelles en ce milieu d’été, j’ai écrit ce texte pour vous.

J’ai peu écrit sur le blogue ces derniers temps. Je dirais que je vie une période différente. Mon combat n’est pas terminé, mes revendications sont connus des gens qui peuvent changer les choses, la balle est désormais dans leur camp. Et je sais que d’ici l’automne, rien ne se passera.

Pour vous mettre à jour dans les démarches en cours présentement, il y a ma demande de changement de loi du protecteur de l’élève que presque tous connaissent. Et comme aucune enquête digne de ce nom n’a jamais été faite sur les causes du suicide de Kim, je peux vous dire que des démarches juridiques sont toujours en cours, quatre ans et demi après sa mort. Le gouvernement a préféré, jusqu’à ce jour, utiliser ses re$$ources pour empêcher toute enquête au lieu d’enquêter… Je vous tiendrai au courant si un développement significatif se produisait un moment donné…

Moi, je sens ma vie changer lentement. Les événements ont laissés des traces sur mon corps, quatre années de médication aussi. D’ici l’automne, je tente de me remettre en forme, lentement, un pas à la fois. Il y a aussi des examens médicaux prévus, pour vérifier certains dommages possibles. Le stress et l’anxiété sont si destructeurs, pour le corps autant que l’esprit. J’apprends à vivre avec les cicatrices, au moins, maintenant le système reconnaît mieux mon état, et cesse de vouloir m’imposer un rythme qui n’est pas le mien.

Ma dernière visite chez mon médecin de famille fut aussi déterminante. Le lendemain, j’ai décidé d’entreprendre par moi-même un difficile et long sevrage de lorazepam que je prenais depuis le matin de la mort de Kim. J’ai profité du fait que mon nouveau chaton me réveille chaque matin pour aussi changer mon beat de vie. J’ai ainsi cessé de vivre de nuit. Comment résister à un chaton qui vient te taper tendrement l’épaule de sa patte chaque matin, presque toujours à la même heure, pour te souhaiter bon matin ( ok, et aussi te quémander sa portion matinale de « mou » ). Sérieusement, ce chat est le petit compagnon idéal pour moi. Et je crois qu’il est l’élément déclencheur d’une série d’événements positifs dernièrement. À ce propos, un ami s’émerveillait cette semaine de ma façon d’apprécier toutes les petites joies qui croisent ma vie, le genre de choses que la plupart jugeraient banales mais qui moi, me rendent heureux.

Pour ma lente remise en forme, j’utilise mon vélo presque à chaque jour, même si mes ballades sont encore très courtes. Je prends aussi des marches, encore là, pas très longues, mais fréquentes. J’essaie de prendre mes trois repas par jour, ce sont là quelques uns des petits gestes que j’ai lentement ajoutés à mon quotidien.

J’ai encore des journées « off » comme je les appelles. Des journées sans énergie aucune, sans force physique ni morale, incapable de sortir de mon cocon, des journées où il m’est impossible de me concentrer, même pour regarder un film. Je « fais avec » comme on dit, pendant ces périodes, sachant maintenant qu’elles ne s’étirent rarement plus que trois jours. Mes proches aussi « deal » mieux avec ces périodes qu’avant, et c’est mieux ainsi, car j’évite tous contacts ces jours-là, mais surtout, je ferme les médias sociaux, par sagesse.

Concernant les médias sociaux, j’ai commencé à m’intéresser plus à Twitter. Je trouve que c’est un bon endroit pour s’informer sur l’actualité, et la commenter. Il y a pleins de sujets qui m’interpellent, qui me font lire beaucoup, beaucoup. Car pour commenter, j’aime bien me faire une idée complète sur ce que je commente. Je conviens que mes convictions indépendantistes sont apparentes dans mes prises de position, mais cela fait partie de « mon moi » depuis toujours, d’aussi loin que mes premiers apprentissages de notre histoire. Et j’avoue que mes tweets ne font pas toujours dans ce que certains appellent le « très politicaly correct », mais j’assume ma liberté d’expression. Pas comme certains, qui semblent avoir une « carotte dans le cul », tant ils se retiennent quand ils s’expriment publiquement…voyez ici un exemple de ma liberté d’expression! Je reste poli, je pose des questions, je débat avec des arguments, mais j’appelle un chat un chat. L’humour fait aussi partie de ma prose.

Cela me redonne graduellement le goût d’écrire, et je le ferai probablement un peu plus, ici, sur le blogue prochainement. Trop de sujets m’interpellent assez pour en faire des textes plus longs que les 280 caractères permis sur Twitter. Je les publierai ici. Et ne vous gênez-pas pour me suivre sur Twitter, le lien est sur la page du blogue, dans la colonne à droite.

À bientôt.

Nuit d’incendie

Nuit d’incendie 

La soirée du dimanche se termine, il est passé une heure du matin, mon frère, qui est en visite chez moi est couché depuis une heure. La fatigue finie par me gagner, je décide d’aller me coucher. J’éteins tout dans la maison, me dirige vers ma chambre. J’ouvre la lumière et décide de faire mon lit que je n’avais pas fait au matin. Je me rends compte que mon cadran clignote encore depuis la courte panne du matin. Je marche vers le salon pour voir l’heure sur le décodeur, afin de régler l’heure de mon cadran. Je m’installe devant mon cadran, et au moment où je tourne mon regard vers le haut en guise de satisfaction d’avoir réussis à placer mon cadran au bout d’une minute à 1h15, BOUM!

Pendant que mon regard est porté vers le haut, donc vers ma fenêtre ouverte, j’aperçois une boule de feu dans le rez-de-chaussée de l’immeuble devant moi et entends une explosion. Une grosse boule de feu jaune, comme on voit dans les films. 

J’ai comme cessé de réfléchir. J’ai couru dans le noir dans le salon avec pour objectif de trouver mes lunettes et mon cellulaire pour appeler le 911. J’avoue que ce fut mon seul handicap, trouver mon téléphone, installé quelques minutes plus tôt pour la recharge, au fond du salon…

J’étais si pressé d’alerter les pompiers que je trouvais que ça sonnait longtemps avant de répondre. Après trois transferts de personne, je donne l’adresse et la situation devant mes yeux. Un homme sort du logement du bas en criant d’appeler les pompiers pendant que je parle au 911. Avant de raccrocher, le préposé du 911 me demande d’aller crier aux gens de sortir à partir de la rue, mais de ne pas entrer.

Comme mon frère dort dans la chambre dont la fenêtre donne sur le bâtiment en feu, je le réveille avant de sortir en l’avisant que j’ai déjà appelé le 911 pendant que je file vers la porte avant.

Arrivé dehors, comme j’ai déjà vu sortir quelqu’un d’en bas, je demande en criant si d’autres personnes se trouve à l’intérieur en m’approchant du bâtiment. J’entends alors un son puissant, probablement le son que fait l’embrasement, mais que j’ai pris pour un possible son de fuite de gaz. J’ai couru vers l’opposé en criant aux gens de dégager car ça pouvait exploser. J’imagine que ma peur fut contagieuse, tous se tassèrent. J’ai alors concentré mon regard à retrouver les locataires du haut parmi les gens tout près. J’en identifie un qui tient son chat dans ses bras. Je me dirige vers lui et lui demande s’il y a d’autres personnes en haut. « Je pense pas, le gars de l’autre logement est parti travailler de nuit »… »son bicycle est pas là « …, me repond-t-il.

Je vois que son chat semble stressé. Je lui dis de m’attendre là, devant chez-moi, que je vais aller lui chercher une cage pour son chat à l’intérieur. Je reviens avec la cage, je l’aide à entrer son chat qui ne veut pas y aller. Il me dit que les policiers lui ont dit qu’ils reviendraient le voir pendant que je suis allé chercher la cage. Je lui dis que je vais m’assurer qu’il soit pris en main en lui massant l’épaule. J’ai été parler avec un policier qui me demanda alors d’aller lui raconter les évènements. J’ai insisté auprès du policier pour m’assurer que le locataire sera pris en main. Il m’assure que la Croix-Rouge s’en vient pour lui, mais que cela peut prendre un peu de temps.

Je suis retourné voir le voisin, j’ai tenté de le rassurer, et suis allé lui chercher une boisson gazeuse chez-moi. Il a passé aussi du temps avec ma voisine d’en bas, qui lui a généreusement fourni les cigarettes, pour apaiser son stress, lui qui n’avait réussi qu’à sortir le plus important pour lui: son chat. C’est aussi elle qui a reçu chez elle les bénévoles de la Croix-Rouge et le voisin le temps de régler les détails vers cinq heures. Je te lève mon chapeau Aline.

Je redescendais quelquefois les accompagner en bas. Je suis remonté chez-moi lui préparer un plat remplis de nourriture pour chat que je lui ai remis. Pour l’aider pour les premiers jours.

Voilà pourquoi je n’ai rien filmé avant 17 minutes. Il y avait plus important, il y avait la détresse humaine à apaiser et la vie à protéger. J’ai pu filmer lorsque les pompiers sont arrivés, apaisé par cette arrivée des secours professionnels. Et vraiment, j’ai pu admirer leur fantastique travail et je leur lève mon chapeau, ainsi qu’à tous les services d’urgences présents. Pour ma part, j’ai agis simplement comme j’aurais aimé qu’un voisin agisse si c’était moi qui vivait cette situation.

Parce que même si parfois nos voisins nous agacent ou nous dérangent, ils sont nos voisins, des visages humains que l’on voit tous les jours. Et c’est cela qui ressort dans les situations de crise. L’humain.

Mes premières images, prises après 17 minutes.

Au milieu de la nuit:

Au matin, la désolation.

Photo d’accompagnement, gracieuseté de mon frère Hugues Pettersen

Zoothérapie 

Zoothérapie 

Vous vous en doutez, je vais vous parler de mon chaton Albert. Mais je vais surtout vous parler des bienfaits de la présence de ce petit compagnon sur moi.pour être franc, je ne croyais pas Gilbert « remplaçable »… Ce matou était tellement complice avec moi, je n’avais pas osé pousser mes attentes trop hautes avec un nouveau chaton.

Gilbert est décédé le dimanche matin. J’ai pleuré jusqu’à mercredi, presque sans cesse. Je sentais que je redescendais dans les abîmes. Par chance, mon frère et un ami m’encourageait à vite adopter un nouveau chaton. Eux le savaient et voyaient que seul un nouveau chaton pouvait m’aider. Ou du moins, j’avais besoin de positif dans ma vie, de vie dans mes deuils trop nombreux. J’ai cessé de pleurer des l’instant où j’ai répondu: « Ok, je vais le chercher demain », à la dame qui m’avait envoyé la photo par Facebook.

Je n’ai aucun regret.

J’ai encore des bonnes et moins bonnes journées, mais j’ai tellement de vie à mes côtés, qu’il réussit à ramener du soleil même dans les pires journées.

La vie se déploie dans la maison. Je l’observe dans ses découvertes, je le sens attaché à moi, j’admire ses prouesses de jeu, et je lui parle! 

Même le matin, dans mes douleurs abdominales au petit coin, il s’installe couché sur mes pieds, à attendre que j’ai terminé pour me suivre dans le salon. Un chat qui me suit et s’installe toujours près de moi, comme un fidèle compagnon. Quand ce n’est pas carrément sur moi qu’il se couche. 

Mais je sais que je lui donne de mon temps aussi. Il aime jouer avec moi, alors je joue avec lui. Il aime quand je lui fait faire du parcours dans la maison en suivant un lacet. Il me fait ainsi bouger avec lui! Il lui arrive aussi souvent d’apporter un jouet à mes pieds pour que je le lui lance. Surtout sa petite balle « pompon » rouge. Il la rapporte à chaque fois. J’ai même augmenté le degré de difficulté graduellement, comme de lancer d’une pièce à une autre, sans qu’il puisse voir la direction finale de la balle. Il finit par la retrouver neuf fois sur dix, même lorsqu’elle tombe dans des endroits moins « visibles ». Il cherche, trouve et rapporte. Ses seules récompenses d’entraînement sont des caresses quand il rapporte. 

En me lisant, vous découvrez comment je me suis vite attaché à ce superbe chaton. Ça faisait des années que je n’avais joué seul avec un chaton. Ça ramène l’enfant en moi, et je dirais aussi la vie.

Car tous ces moments de joies causés par l’arrivée de ce petit compagnon de vie ne m’ont pas qu’empêché de replonger dans le noir, ils m’ont fourni du soleil et de la vie dans la maison. 

Comme un boost que j’avais besoin pour continuer, pour continuer à vouloir dénoncer, continuer à me battre pour Kim, pour moi, car me battre, c’est ma vie pour le moment. Me battre contre l’injustice et pour empêcher que cela se reproduise.

Albert, couché sur moi.

Si j’avais à me décrire sur un site de rencontres

Si j’avais à me décrire sur un site de rencontres

(Souvent, des amis me parlent de sites de rencontres, et j’ai vu dernièrement dans les médias un article sur Facebook qui veut se partir un site de rencontres. J’ai donc eu l’idée de ce texte qui se veut d’abord humoristique!)

Homme, 50 ans mais paraît 35 (ok, quand rasé et que le gris n’existe plus!), joue avec se Lego comme à ses jeunes années, cherche femme d’âge qui fitte avec mon âge d’apparence! ( donc, plus jeune que moi) pour relation sérieuse.

Situation idéale pour jeune femme professionnelle, sans enfant, cherchant père aimant pour future progéniture (il n’y pas de S à progéniture si vous remarquez) Possibilité de père au foyer si peut aider ta carrière. 

Madame sera servit, j’aime les plaisirs de la langue: elle aimera donc ma poésie! Elle aura en main un futur auteur de romans à succès (j’ai déjà un blogue, c’est un début…), poète, et bon homme à avoir pour tout ce qu’il y a à réparer, rénover et redécorer dans une maison. Cette dernière caractéristique vaut son pesant d’or en économies. Comme j’aime bien manger, je suis aussi bon cuisinier! Et je suis même très bon dans le jardinage, quel bonus!

J’ai la capacité pour regarder des films avec des sentiments ( pis j’aime même ça des fois!) Mais tu sais, il y a des sentiments aussi dans un match de hockey…

Viens avec deux chats, si allergiques s’abstenir. Moi, je suis allergique aux chiens, désolé mon pitou.

Ça fait si longtemps que je vis seul, que je pense que n’importe laquelle période d’adaptation sera Rock n’ Roll. Si tu aimes la musique, alors c’est tant mieux.

Garantie expirée, usure intérieure plus qu’extérieure. Quelques défauts mineurs.

Niveau de revenu: pauvre en criss (désolé, pas de Sugar Daddy pour toi!)

Depuis 2015, tout simplement parce que j'ai eu envie d'écrire…